Elastollan RC : BASF industrialise le TPU recyclé pour vos objets promotionnels
D'après BASF, qui présentait cette semaine au salon Fakuma 2026 sa nouvelle gamme Elastollan RC, le polyuréthane thermoplastique recyclé entre dans une phase d'industrialisation crédible.

Les grades concernés intègrent des matières post-industrielles et post-consommation et sont déclarés conformes aux normes européennes, avec un positionnement explicite sur l'empreinte carbone réduite des produits finis. Pour les directions achats et agences de la métropole bordelaise qui cherchent à verdir leurs objets promotionnels techniques, c'est un signal à prendre au sérieux — mais à vérifier ligne par ligne avant toute spécification.
Du matériau au produit fini: ce que dit réellement BASF
L'annonce porte sur une famille de TPU recyclés, pas sur un objet fini. BASF introduit des grades Elastollan RC formulés à partir de déchets post-industriels et post-consommation, destinés aux biens d'équipement et produits techniques. La conformité aux normes européennes est mise en avant — un point non négligeable pour les donneurs d'ordre qui doivent documenter leurs appels d'offres responsables. En revanche, la communication accessible du chimiste ne précise pas le pourcentage exact de matière recyclée par grade ni l'ACV comparative avec un TPU vierge. Ce sont deux informations à exiger en pièce jointe du devis, pas en argument marketing.
Le précédent Bouygues Telecom: 21 tonnes de CO2 comme étalon
Le parallèle avec la télécommande b.tv, présentée à IBC 2026 par Bouygues Telecom et son partenaire industriel Ruwido, donne un ordre de grandeur concret sur ce que peut produire une boucle fermée mature. L'opérateur indique avoir confié, depuis septembre 2023, ses anciennes télécommandes à son partenaire, qui les recycle pour produire les coques des nouveaux modèles avec du plastique 100 % recyclé, sans ajout de matière vierge — un choix d'économie circulaire primé Red Dot 2026. Selon les chiffres communiqués par l'opérateur, la démarche aurait permis d'économiser 21 tonnes de CO2 en 2024, soit l'équivalent de 100 000 km en voiture thermique. C'est l'écart-type dont il faut se servir comme mètre-étalon quand un fournisseur de goodies bordelais vante son « upcycling » sans chiffres à l'appui.
Ce qu'il faut exiger de votre fournisseur
Pour toute commande d'objets publicitaires ou de textiles techniques intégrant du TPU (étuis, coques de clés USB, porte-cartes, sangles, composants souples), trois critères de vérification s'imposent dès la phase de devis. D'abord, la part exacte de matière recyclée — post-industrielle (chutes de production, traçabilité plus simple) ou post-consommation (déchets ménagers ou professionnels, certification plus exigeante). Ensuite, l'origine géographique du compound et le lieu de transformation finale: un TPU recyclé en Allemagne puis extrudé en Asie ne raconte pas la même histoire qu'une chaîne intégralement européenne. Enfin, la disponibilité d'une analyse de cycle de vie ou, à défaut, d'un ratio durabilité/prix chiffré sur la durée de vie attendue du produit.
Le ratio durabilité/prix reste le seul juge de paix: un objet publicitaire présenté comme « recyclé » à 30 % mais conçu pour six mois d'usage ne vaut rien, fût-il made in Bordeaux. BASF pose une brique matière, le reste est un travail de spécification, d'audit documentaire et de contrôle à réception — et c'est précisément là que les entreprises ancrées dans la métropole peuvent reprendre la main sur la traçabilité.