RSE et objets publicitaires : décryptage de la nouvelle REP emballages professionnels
L'Institut National de l'Économie Circulaire a publié sa veille réglementaire dédiée à la loi Économie Circulaire, avec un focus sur la refonte de la filière REP emballages professionnels.

Pour les entreprises bordelaises qui distribuent des objets publicitaires et goodies personnalisés, le calendrier est serré: l'entrée en application est fixée au 1er janvier 2027, et le périmètre touche désormais cartons, films plastiques, palettes et l'ensemble des suremballages utilisés en contexte professionnel. Nous décortiquons ce qui change concrètement dans la chaîne de valeur des achats.
Le cadre réglementaire: de la REP ménagère à la REP professionnelle
Le principe de Responsabilité Élargie du Producteur, institué par le décret du 1er avril 1992, a d'abord concerné les emballages ménagers avant d'être élargi par la loi AGEC de 2020 aux secteurs professionnels. La nouvelle filière REP emballages professionnels parachève ce mouvement: elle intègre l'ensemble des emballages non couverts jusqu'ici, alors même que, selon les données relayées par Leyton, ces flux représentent près de 40 % des déchets d'emballages en France. Un déséquilibre de traitement que la réforme entend corriger, en imposant aux producteurs, importateurs, distributeurs et utilisateurs (industriels, artisans, commerçants, prestataires logistiques) une responsabilité de fin de vie jusqu'ici négligée.
Pour les acheteurs d'objets publicitaires, cela signifie que les suremballages unitaire des goodies — pochettes, calages, cartons d'expédition, films plastique — entrent désormais dans le périmètre. Le principe 3R (Réduire, Réutiliser, Recycler) devient un critère d'audit opposable, et non plus un argument marketing.
Ce qui change concrètement pour les achats de goodies
La REP introduit une obligation de traçabilité et de contribution financière sur les emballages professionnels. Concrètement, les prestataires bordelais d'objets publicitaires devront justifier de l'écoconception de leurs solutions d'emballage, du taux de matière recyclée, et de la capacité à entrer dans les circuits de collecte et de valorisation. L'objectif national affiché par les pouvoirs publics: passer de 76 % de déchets inertes recyclés ou valorisés aujourd'hui à 90 % en 2028. Pour une commande de 5 000 stylos ou de 1 000 tote bags personnalisés, c'est désormais le suremballage qui pèse dans le ratio durabilité/prix — pas seulement le matériau du goodies lui-même.
Nous notons aussi l'alignement avec la refonte parallèle de la REP Produits et Matériaux de Construction du Bâtiment (PMBC), qui signale une tendance de fond: les filières REP existantes montrent leurs limites d'efficacité et convergent vers des mécanismes plus contraignants.
Ce que les acheteurs doivent vérifier dès maintenant
Trois points à intégrer dans les cahiers des charges adressés aux fournisseurs d'objets publicitaires avant le 1er janvier 2027:
D'abord, exiger une ACV (analyse du cycle de vie) ou à minima un bilan matière de l'emballage unitaire — pas seulement du produit fini. Les données doivent distinguer le poids du goodies, le poids de l'emballage, et le taux de recyclabilité réel (et non déclaré).
Ensuite, questionner le recours au réemploi: cartons consignés, calages mutualisés, suppression du suremballage individuel. Les acteurs capables de documenter une logistique inverse auront un avantage de conformité et de coût sur le long terme.
Enfin, cartographier les éco-organismes et contributions associées. La contribution REP viendra s'ajouter au prix d'achat, mais sa maîtrise devient un indicateur de sérieux pour les Directions RSE et les directions achats. Un fournisseur bordelais qui anticipe cette refonte se différenciera mécaniquement de ceux qui la subiront.
Ce que nous suivons de près
La veille de l'INEC s'inscrit dans un mouvement plus large, documenté notamment par Daf-Mag.fr sur la décarbonation sectorielle. Les prochaines publications réglementaires préciseront les barèmes de contribution et les contrôles. D'ici là, nous préconisons un audit packaging de vos campagnes de goodies 2026, avant que la date butoir du 1er janvier 2027 ne transforme un poste de dépense négligé en obligation comptable et environnementale.