Actualité

Réglementation PPWR : l'ECHA cible 700 substances chimiques dans les emballages

Selon les éléments publiés par le Food Packaging Forum, l'Agence européenne des produits chimiques (ECHA) a soumis à consultation un projet de liste recensant environ 700 substances de haute…

Réglementation PPWR : l'ECHA cible 700 substances chimiques dans les emballages

Selon les éléments publiés par le Food Packaging Forum, l'Agence européenne des produits chimiques (ECHA) a soumis à consultation un projet de liste recensant environ 700 substances de haute préoccupation (SoCs) identifiées dans les matériaux d'emballage, dans le cadre du règlement européen PPWR. Pour les donneurs d'ordre bordelais qui achètent goodies et objets publicitaires, la question dépasse désormais le seul contenu du produit: étui cartonné, blister, pochette non tissée et calage entrent eux aussi dans le périmètre réglementaire.

Une méthodologie de resserrement: de 6 000 à 700 substances

D'après les données relayées par le Food Packaging Forum, l'ECHA est partie d'un corpus initial d'environ 6 000 substances signalées comme présentes dans les emballages et déchets d'emballage. Après validation des usages packaging et application de critères définis, le périmètre a été réduit à environ 700 substances de forte préoccupation. Trois fondements réglementaires ont principalement guidé la sélection: le statut de substance extrêmement préoccupante (SVHC) au titre de REACH, la classification harmonisée pour certains effets chroniques sur la santé, et l'inscription comme polluant organique persistant (POP).

L'agence précise qu'apparaître sur cette liste n'entraîne pas, à ce stade, de restrictions automatiques. Le document doit servir de base aux discussions européennes sur la gestion des SoCs, y compris les futures exigences de recyclabilité des emballages.

Le point aveugle que la consultation a mis au jour

Dans sa contribution datée du 24 août 2026, le Food Packaging Forum a soumis des informations sur 458 substances, dont 147 identifiées comme dangereuses selon sa propre liste FCCprio. Constat d'étape: 42 de ces substances dangereuses ne figurent pas encore dans le projet ECHA. Pour une direction Achats, c'est l'information clé: la liste n'est pas un inventaire figé, mais un document vivant appelé à s'étoffer au fil des révisions REACH et CLP.

Trois réflexes à intégrer dans vos appels d'offres emballage

Pour les entreprises bordelaises qui commandent mugs, textiles promotionnels ou accessoires en coffret, l'emballage n'est jamais chimiquement neutre. Trois vérifications s'imposent dès la phase de sourcing:

  • Exiger la composition matière complète de l'emballage (papier, carton, plastique, encres, vernis, colles), distincte de la fiche produit.
  • Imposer une conformité REACH documentée, avec mention explicite des SVHC au-delà du seuil de 0,1 % en poids.
  • Demander une note de recyclabilité chiffrée: une substance qui freine le recyclage aujourd'hui hors liste peut basculer dans le périmètre demain.

La Commission européenne doit livrer, avec l'appui de l'ECHA, un rapport formel sur la présence de SoCs dans les emballages et composants d'emballage. Pour les Directions RSE locales, le critère de jugement ne peut plus se limiter à « emballage recyclable » affiché sur un devis: il faut une traçabilité substance par substance, gramme par gramme.