Nouveaux emballages : les obligations européennes pour vos objets publicitaires
D'après RSE Magazine, le règlement européen 2025/40 sur les emballages et déchets d'emballages entre en application ce 12 août 2026 dans l'ensemble des vingt-sept États membres, sans transposition nationale.

Emballages: les entreprises face aux nouvelles exigences européennes
Pour les entreprises de la métropole bordelaise qui commandent mugs, textiles et goodies — qu'il s'agisse d'objets publicitaires, de goodies événementiels ou de cadeaux d'entreprise — ce changement de cadre juridique touche désormais chaque maillon de la chaîne, du matériau primaire au destinataire final.
Une réglementation, plus une directive
Le texte remplace la directive de 1994, qui laissait une marge d'interprétation variable selon les pays. Selon les chiffres repris par le Conseil de l'Union, chaque Européen générait 186,5 kilogrammes de déchets d'emballages en 2022, dont 36 kilogrammes de plastique, et seul 42 % des déchets plastiques d'origine fossile étaient recyclés en 2023. Le nouveau règlement instaure un cadre unique couvrant l'ensemble du cycle de vie — papier, carton, plastique, verre, métal, bois, multicouches — et vise les fabricants, importateurs, distributeurs, détaillants, plateformes e-commerce et toute entreprise mettant un emballage sur le marché européen.
Pour les acheteurs bordelais d'objets promotionnels, la conformité ne se traite plus pays par pays mais à l'échelle du packaging livré. Un fournisseur basé hors UE qui imprime un tote bag dans l'agglomération devient juridiquement responsable de la conformité de ses emballages primaire, secondaire et tertiaire.
Ce qui s'applique tout de suite — et ce qui viendra après
À compter du 12 août 2026, trois séries d'obligations deviennent effectives: limites sur certaines substances chimiques, exigences de traçabilité des matériaux et renforcement de la responsabilité élargie des producteurs. Les règles les plus structurantes — étiquetage harmonisé, objectifs de réemploi, taux minimum de contenu recyclé, critères détaillés de recyclabilité — s'échelonneront entre 2028 et 2030.
Pour les donneurs d'ordre qui sourcent des goodies marqués, la première question porte sur la traçabilité de l'emballage de livraison: carton kraft monocouche ou multicouche, encres, colles, calage en plastique ou en pulpe moulée. Les fournisseurs devront documenter ces choix, pas seulement les alléguer.
Vérifications à intégrer dans les briefs
Trois points à inscrire dans le prochain appel d'offres, avant que les obligations 2028–2030 ne figent les critères de recyclabilité. D'abord, exiger la composition exhaustive de l'emballage — grammage réel, taux de recyclé effectivement incorporé, traitement des encres et colles — plutôt qu'une simple mention « recyclable ». Ensuite, demander la localisation du site de conditionnement final, qui détermine la portée du règlement et la documentation attendue. Enfin, interroger le ratio durabilité/prix sur l'ensemble du lot et non à l'unité: un emballage trois fois plus épais pour 5 % de prix en plus n'est ni circulaire ni rentable, c'est un transfert de matière.
Le règlement 2025/40 ne ferme pas le marché aux emballages techniques ou aux marquages complexes. Il oblige simplement à documenter ce qu'on laissait jusqu'ici dans l'opacité d'un brief marketing.