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Objets publicitaires : comment intégrer l'économie circulaire dans vos achats

Selon un décompte relayé par Informat.ro, moins de 6 % des grandes enchères publiques de l'Union européenne incluent des critères d'économie circulaire dans leur cahier des charges.

Objets publicitaires : comment intégrer l'économie circulaire dans vos achats

Le ratio est faible, mais il dessine précisément l'angle mort que nous documentons depuis plusieurs mois chez nos fournisseurs textiles. Pour une direction achats bordelaise qui commande des objets publicitaires, textiles personnalisés et goodies d'entreprise, ce seuil commande une révision immédiate du brief fournisseur.

Sur le gramme et l'origine, pas la promesse

Ce ratio pose le bon diagnostic: la question n'est pas de savoir si le polyester recyclé, le rPET ou le coton biologique existent — ils existent. La question est de savoir si le cahier des charges les exige, et avec quel niveau de granularité. Un textile personnalisé en 200 grammes/m², tissé en Turquie et imprimé au Portugal n'a rien à voir, en termes d'empreinte, avec la même pièce en 300 grammes/m², filée et confectionnée dans un rayon de 500 km. Tant que les spécifications restent floues, le fournisseur propose l'option la moins-disante, et le « vert » n'est qu'un argument marketing.

Un audit minimal — un appel à deux fournisseurs sur la même grille de pondération — suffit à révéler l'écart entre une offre réellement circulaire et un habillage RSE.

Côté français, un millefeuille encore peu indexé

Newsly.fr recense, dans un article récent, des initiatives françaises en économie circulaire. Les éléments dont nous disposons ne permettent pas d'en livrer l'inventaire exhaustif; nous le prenons donc comme un signal de fragmentation, pas comme une cartographie. Réemploi, collecte, boucles textiles courtes: l'écosystème national existe, mais il reste porté par des réseaux peu coordonnés et, surtout, mal indexés par les directions achats.

Pour un commanditaire basé en Nouvelle-Aquitaine, cela signifie une chose très concrète: il n'existe pas, à ce jour, d'annuaire public fiable permettant de sourcer un tote-bag, une polaire ou un stylo rechargeable selon des critères circulaires vérifiables. Le travail d'audit reste à mener en interne, fournisseur par fournisseur.

Trois contrôles à intégrer au prochain RFQ

Trois exigences minimales, à formaliser dans tout appel d'offres textile ou objet promotionnel.

Premièrement: exiger le grammage exact et le pays de filature du textile, accompagnés du certificat correspondant — pas la mention « coton bio » sans numéro de lot ni traçabilité documentée. C'est le premier filtre anti-greenwashing.

Deuxièmement: demander une analyse du cycle de vie (ACV) ou, à défaut, une déclaration environnementale produit (EPD) comparable entre deux fournisseurs sur un même format de goodies. La traçabilité chiffrée pèse plus lourd que toute promesse RSE.

Troisièmement: chiffrer le ratio durabilité/prix utile — coût total d'usage divisé par la durée de service estimée. Un mug céramique à 4 € tenu trois ans n'est pas équivalent à un mug à 1,50 € cassé en six mois.

Tant que les grandes enchères publiques plafonnent à 6 % de critères circulaires, c'est l'acheteur bordelais, pas le législateur, qui fixe le standard. À lui de ne pas reproduire l'angle mort dans ses propres appels d'offres.