Emballages sans plastique : pourquoi la prudence est de mise face aux nouveaux partenariats
Selon Packaging Gateway, les sociétés Lactips et SmartSolve ont engagé une collaboration autour d'emballages sans plastique.

L'annonce, datée du 21 septembre 2026, se limite pour l'instant à un communiqué de titre — sans fiche technique publiée, sans composition détaillée, sans échéancier de production ni volumes envisagés. C'est précisément ce flou qu'il faut interroger avant d'intégrer ce type d'argument à une démarche RSE d'objet publicitaire.
Une annonce à interroger, pas à relayer
Le terme « plastic-free » n'a, en soi, aucune valeur de preuve. Sans analyse de cycle de vie (ACV), sans indication du lieu de fabrication, sans précisions sur les liants, charges minérales ou traitements de surface utilisés pour compenser l'absence de polymères fossiles, le claim reste rhétorique. Lactips, positionnée historiquement sur des formulations à base de caséine de lait, et SmartSolve, spécialisée dans les supports hydrosolubles, réunissent des expertises a priori complémentaires — mais l'addition de deux savoir-faire ne suffit pas à garantir un substrat industrialisable sans solvant résiduel ni post-traitement énergivore. La question de la barrière fonctionnelle — résistance à l'humidité, à la déchirure, durée de conservation du produit emballé — est, en outre, rarement traitée dans les annonces de ce type.
Pour un donneur d'ordre ou un responsable communication bordelais qui souhaiterait basculer ses goodies vers un emballage neutre en plastique, la prudence s'impose. Un sourcing traçant exige trois questions minimales posées au fournisseur: d'où vient la matière première (origine agricole ou recyclage), quel process industriel la transforme (consommation d'eau, d'énergie, solvants), et qu'advient-il du matériau en fin de cycle (compostabilité industrielle, domestique, biodégradabilité brute sans certification, ou simple élimination en ordures ménagères)?
Ce qu'il faut exiger avant d'en faire un argument commercial
Avant d'inscrire « emballage sans plastique » sur une fiche produit, dans une réponse d'appel d'offres ou dans un rapport extra-financier, exiger du fournisseur le trio indissociable:
- la composition exacte (fibres, liants, charges, traitement de surface) avec seuils chiffrés,
- le lieu de transformation et un bilan énergétique ou carbone associé au process,
- la filière de fin de vie documentée par une certification reconnue (TÜV, NF Environnement, BPI ou équivalent), avec mention explicite des conditions d'usage.
Tant que ces éléments ne sont pas publics et opposables, l'annonce relève de la stratégie de positionnement marketing, pas d'une preuve d'écoconception. Pour une métropole comme Bordeaux, où la communication par l'objet se trouve désormais scrutée par les critères extra-financiers des donneurs d'ordre publics comme privés, mieux vaut laisser Lactips et SmartSolve documenter leur collaboration en données ouvertes avant de la réemployer dans un cahier des charges. Le ratio durabilité réelle / surcoût acceptable reste, à ce stade, strictement indéterminé — et c'est précisément le point qui méritera une prochaine vérification chiffrée.