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Économie circulaire : se former aux métiers du recyclage et du réemploi

D'après Emploi-Environnement, l'Université du Mans ouvre deux diplômes universitaires à distance — MAFEC et DYSAEC — pour former les professionnels de l'économie circulaire.

Économie circulaire : se former aux métiers du recyclage et du réemploi

Pour les organisations qui conçoivent ou achètent des objets promotionnels, c'est un signal: la gestion des déchets et le réemploi quittent le cercle militant pour devenir une compétence attendue dans les appels d'offres.

Deux cursus, deux versants de la filière

Le DU MAFEC cible les profils opérationnels: responsables et chargés d'études dans l'industrie du recyclage, chefs de projet économie circulaire, gestionnaires de déchèterie. Objectif affiché: concevoir, structurer et piloter des filières complètes. Le DU DYSAEC traite l'autre versant — dimensions sociales, politiques et comportementales — et s'adresse aux élus locaux, chargés de mission communication déchets et sensibilisation. Format identique: 150 heures à distance de novembre à mai, plus une semaine de visites terrain en présentiel. Candidatures ouvertes jusqu'au 18 septembre.

L'Université du Mans revendique 40 ans d'expertise en rudologie, discipline née sur place qui étudie les déchets de manière systémique. D'après Mathieu Durand, rudologue et géographe dans l'établissement, le dispositif s'appuie sur les laboratoires internes et sur une collaboration étroite avec les acteurs du secteur. Les formations sont financées par l'État dans le cadre de l'AMI « Compétences et Métiers d'Avenir » du programme France 2030, opéré par la Caisse des Dépôts.

Le poids de l'ESS: un vivier à activer pour le sourcing

Selon Recyclage Récupération, l'économie sociale et solidaire reste un pilier sous-estimé du tissu économique français: les coopératives génèrent 393 milliards d'euros de chiffre d'affaires, le secteur associatif cumule 110 milliards d'euros de budget annuel, et les fondations consacrent 16 milliards d'euros à des actions d'intérêt général. Pour une entreprise bordelaise qui cherche à sourcer ses goodies plus durablement, ces volumes changent la donne: les structures de l'ESS — ateliers de réemploi, coopératives textiles, associations d'insertion — ne sont plus un réservoir marginal mais un segment capable d'absorber des commandes régulières.

Trois réflexes à appliquer dès le prochain appel d'offres

Première vérification: exiger la preuve de traçabilité des matières, pas seulement le label. Deuxième: calculer le ratio durabilité sur prix à l'usage — un gobelet réutilisable amorti sur cinquante cycles n'a pas le même coût réel qu'un gobelet jetable à 0,15 euro. Troisième: identifier qui porte réellement l'objet. Une coopérative d'insertion qui assemble localement modifie l'analyse du cycle de vie, même si le grammage reste identique à celui d'un fournisseur conventionnel. Si la première promotion attire les profils ciblés — collectivités, industries du recyclage, chargés de mission —, on peut s'attendre à voir ces nouvelles compétences irriguer les marchés publics et rehausser l'exigence documentaire sur les filières de réemploi que les annonceurs interrogent déjà.