Actualité

Objets publicitaires : comment intégrer les enjeux climatiques dans vos achats

Selon AEF info, l’adaptation au changement climatique, le fonds vert et les nuisances sonores figurent au menu des « transitions des territoires ».

Objets publicitaires : comment intégrer les enjeux climatiques dans vos achats

Pour les entreprises qui commandent des textiles personnalisés, cadeaux d’entreprise ou objets promotionnels, le signal utile n’est pas un nouveau label à afficher: c’est une raison supplémentaire de remettre la traçabilité et le besoin réel au centre du brief.

Le sujet rejoint un contexte plus large d’achats durables, alors que la Banque des Territoires fait état d’un déploiement « contrasté » des Spaser — les schémas de promotion des achats publics socialement et écologiquement responsables. Autrement dit: l’intention progresse, mais l’exécution reste inégale.

Le matériau ne suffit pas à qualifier une commande

Dans l’objet publicitaire, la promesse environnementale se joue trop souvent sur un seul attribut: fibre recyclée, coton présenté comme plus responsable, matière biosourcée. Cette logique est insuffisante pour un achat professionnel sérieux.

Avant de valider une référence, l’équipe achats devrait exiger une réponse écrite sur le sourcing, la composition précise, le lieu de fabrication et les éléments de traçabilité disponibles. Sans ces données, l’allégation durable reste difficile à auditer. Un produit estampillé « éco » mais sans documentation sur sa chaîne de fabrication demeure un risque de greenwashing, y compris dans une opération de communication locale.

L’adaptation climatique ne se traduit pas mécaniquement par un tote bag ou un mug supplémentaire. Elle oblige surtout à interroger la pertinence de l’objet: sera-t-il conservé, utilisé, réparé ou remplacé rapidement? Pour le textile, le grammage, la tenue dans le temps et les conditions d’entretien comptent davantage qu’un slogan imprimé en vert.

L’ingénierie locale reste le point faible

Le Sénat souligne un déficit d’ingénierie dans les territoires ruraux. Son texte rappelle que l’ANCT propose financements, ingénierie et accompagnement, mais que cette offre est jugée insuffisante pour couvrir l’ensemble des besoins. Le programme Petites villes de demain concerne 1 600 communes, dont 70 % en ruralité; Villages d’avenir, lancé au 1er janvier 2024, concerne 2 976 communes et suit 5 000 projets, dont 900 étaient déjà achevés selon les éléments cités.

Ce constat concerne directement les petites structures, collectivités et associations qui préparent une consultation ou une commande de communication par l’objet: faute de temps et de compétence achat, le critère de prix unitaire peut prendre toute la place. Or c’est précisément là que s’effacent la durée d’usage, la traçabilité et la cohérence avec l’objectif annoncé.

Le rapport cité par le Sénat appelle à mieux structurer l’ingénierie publique territoriale de proximité et à ne pas mobiliser automatiquement des cabinets privés lorsque l’expertise locale existe. Pour un acheteur, la méthode est transposable: solliciter les compétences disponibles, formaliser les critères et demander des preuves plutôt que des formules promotionnelles.

Un verdict d’achat: durée d’usage contre prix affiché

Le rapport évoqué par la Banque des Territoires sur les Spaser rappelle que les achats durables ne se déploient pas de manière uniforme. Il faut donc éviter de confondre politique déclarative et cahier des charges vérifiable.

Pour une commande de goodies ou de vêtements personnalisés, le ratio à surveiller est strict: durabilité d’usage / prix réellement payé. Un article bon marché, distribué sans cible claire et remplacé vite, ne devient pas pertinent parce qu’il porte une mention environnementale. À l’inverse, une quantité réduite, une personnalisation utile et une documentation matière exploitable constituent une base de décision plus défendable.

La prochaine étape à suivre n’est pas une promesse de plus: ce sont les critères concrets que collectivités et entreprises intégreront réellement à leurs achats.